Un mot qui veut tout dire, Lexpage !    —  Calvin

Discussions

Ukraine

Tchou 4013 Bob
Reprise automatique du message précédent.
Visible avant les 5 ? ;)

Ma vanne est petite et moche ! Merci pour tes points et analyses.
Guybrush 10021 Bob
yaugBon.
4 ans de guerre, je prépare un point de situation :)
:juggler:
yaug 1972 Spammeur
Roh.. si on ne peut plus prendre son temps aussi ...


Bon.

Cela fait donc 4 ans que l'Ukraine tient tête à la Russie dans la plus grande guerre sur le territoire européen depuis 70 ans.
Je crois que cela fait au moins 18 mois que je n'ai pas fait le point, c'est sans doute le bon moment pour cela.

L'offensive vers Koursk

On en était je crois resté là.
A l'été 2024, l'Ukraine lance une offensive audacieuse sur le territoire russe même, ayant remarqué que la frontière était gardée par des troupes de mauvaise qualité et pas vraiment fortifiée, et voyant s'assembler des troupes au nord est pour mettre la pression sur Sumy, ils ont tenté un coup, envoyant de bonnes troupes percer la frontière et avancer autant que possible. Pendant quelques jours l'avance ukrainienne a été assez bonne puis s'est stoppée.
Pourquoi avoir tenté cela ?
Plusieurs hypothèses ont été avancées :
- Forcer les Russes à dégager de bonnes troupes du Dombass pour défendre leur territoire et ainsi affaiblir les offensives à venir là bas
- Marquer un coup politique pour affaiblir Poutine et peser dans les discussions.
Si le coup initial était bien joué, l'erreur a ensuite été d'alimenter ce front avec de nombreuses bonnes unités de combat, qui ont largement fait défaut dans les autres secteurs. C'était une erreur parce que le front était étroit, donc une fois les russes ressaisis, ils ont pu bloquer le tout, fixer sur place de nombreuses unités, et faire beaucoup de pertes, en homme comme en matériel. Ensuite, ils ont pu grignoter le terrain. Comme d'habitude, Syrsky (le CEMA) n'a rien voulu lâcher quand il était encore temps, ajoutant encore de nombreux morts parmi les meilleures unités.
Au final plusieurs mois après la poche a fini par être réduite, les unités qui y étaient engagées étaient totalement hors combat, et leur présence a très clairement fait défaut dans les endroits les plus cruciaux. Et la Russie n'a pas du tout dégarni les autres front pour contrôler la percée ukrainienne.
On peut le voir sur les pertes/gain de chaque camp sur ce graph par exemple.
C'est par ailleurs là qu'on a vu les premières utilisations des soldats Nord Coréen (et eu une preuve de leur fanatisme, au vu du faible nombre de prisonniers).
Est-ce que c'était bien tenté ? Oui.
Est-ce que c'était une bonne idée ? Non.

Le bilan c'est à peu près autant de perte de chaque côté en matériel (Source), donc ce n'était pas "rentable" pour les ukrainiens. Sans parler des pertes humaines.

Ce qu'il s'est passé en 2025

Logiquement, l'année 2025 a donc été difficile. C'était attendu et il n'y a pas eu de surprise.
Sur le plan politique, l'arrivée de Trump au pouvoir a comme prévu été une catastrophe pour l'Ukraine. Livraisons US en 2025? proche de 0 ! (uniquement ce qui avait été préparé sous Biden). Les européens ont compensés en volume ce que les américains ont abandonnés, là dessus on peut être fier. Mais comme c'est pour une part importante pour acheter du matériel américain à donner à l'Ukraine ... on est quand même bien con.
Surtout que là où l'Ukraine subit beaucoup, ce sont sur les bombardements sur l'arrière. Le manque de missiles anti aérien est plutôt violent, et on a pas été foutu d'améliorer réellement nos productions dans des proportions importantes. Même si les ukrainiens disent qu'ils préfèrent nos batteries SAMP-T aux patriots, dans les deux cas, ils manquent cruellement de missiles.
Et la campagne de bombardement sur l'arrière par les russes a été particulièrement violente.
Sur le front, la Russie s'est emparé d'environ 6000km2 (un petit département français). C'est la surface cumulée prise en 2023 et 2024. Si cela représente donc une avancée, ce n'est que moins de 1% du territoire ukrainien, et cela s'est payé à très cher prix, les pertes russes ayant fortement augmenté durant l'année. C'est aussi le signe d'une adaptation de la défense ukrainienne qui accepte (un peu) plus de reculer quand c'est nécessaire, pour sauver des vies plutôt que du terrain. Ces avancées masquent aussi quelques reprises de terrain dans le secteur de Dnipropetrovsk et Kharkiv.

Ce fut aussi l'année de la bataille de Pokrovsk qui a duré environ 14 mois. Si la ville n'est tombée qu'en février 2026, la bataille a duré toute l'année 2025 et même 700 jours si l'on compte les percements des premières lignes. Diverses sources annoncent que cela aura coûté à la Russie 100000 hommes environs. Pour un village de 1400 habitants avant guerre. L'usure aura fait son effet et les russes auront pris ce village crucial pour avancer une pince nord vers Dnipropetrovsk. Mais le coût imposé par les ukrainiens semble avoir été tellement lourd que derrière, malgré un terrain plus favorable, les russes n'avancent plus et semble bloqués dans les alentours de Pokrovsk.

Question opération ukrainienne, on se souviendra de l'opération Spider Web, une attaque loin en Russie sur plusieurs base militaires hébergeant des avions stratégiques (utilisé potentiellement pour des frappes nucléaires mais souvent pour taper l'Ukraine avec des missiles de diverses gammes). Ce fut une opération plutôt réussie, préparée pendant plsu d'un an, et qui a tapé au moins une douzaine d'avions de source confirmées pour 41 annoncés par les forces ukrainiennes. C'est aussi un gros coup politique, l'Ukraine a montré qu'elle était encore présente, dangereuse et qu'elle comptait taper partout en Russie alors qu'avec l'arrivée de Trump.

L'état du front actuel.
Début 2026, Pokrovsk est donc tombé, mais quel est l'état actuel du front ?
On est sur ce que Joseph Henrotin appelle "un front en dentelle". La densification de la masse de drone sur le front a plusieurs impacts cruciaux :
- L'élargissement de la zone de mort (kill zone) : on est passé en 1 an de 3/5km derrière le front à 20km. Tout ce qui circule dedans a un fort risque d'être touché par un drone.
- Une modification de la défense. On a plus de lignes de tranchées, mais des points d'appuis répartis sur le front avec une poignée d'hommes dedans (littéralement), ravitaillés désormais comme on peu. Par drone terrestre pour les ukrainiens par exemple.

Ce n'est plus un front constitué et bien défini mais une dentelle de petits points de contrôles défendus par quelques hommes. En réunir plus et c'est un très fort risque de devenir visible pour l'adversaire, mais c'est aussi devoir ravitailler plus et donc un casse tête logistique alors que les 20 derniers kilomètres sont désormais trop dangereux pour les pickups.
Un tel front amène du coup une utilisation de plus en plus forte des infiltrations d'hommes par les russes. Moins de troupes sur le front, c'est moins de contrôle et plus de porosité. Si les drones continuent à prélever un lourd tribu sur les groupes d'infiltrations russes, la Russie continuent d'en envoyer jusqu'à ce que quelques uns réussissent à tenir une petite position. Ce n'est pas un contrôle réel du terrain, mais c'est déjà avancer et se permettre ensutie d'aller plus loin.

Depuis le début d'année, et notamment depuis 2 voir 3 mois, on est par contre sur une nouvelle tendance : la Russie ne gagne plus de terrain. Cela fait deux mois que la Russie perd plus de terrain qu'elle n'en gagne.
Cela ce poursuit. Par exemple, pour la semaine 21 l'Ukraine a de nouveau plus gagné que perdu.
On ne parle que de petites surfaces, mais c'est en soit révélateur et c'est une donnée à surveiller. Cette situation n'est plus arrivée depuis 2023 et les ukrainiens semblent avoir su courber l'échine durant 2024 et 2025, annèe très difficile.

Comment s'y prennent les ukrainiens pour reprendre du terrain ?
Ils semblent avoir adopté une technique de boite. Durant la première guerre mondiale, l'artillerie française procédait ainsi : une boite de qq km2 était labouré avec un très gros volume de tirs, interdisant tout mouvement à l'intérieur. Quand l'infanterie française avançait, les bords de la boite étaient encore pilonné et le fond de la boite reculé plus loin, permettant aux troupes françaises de prendre le terrain sans être inquiété sur ses flancs, et pouvait ainsi avancer et reprendre le terrain. Les ukrainiens ont utilisés la même technique ces derniers mois mais en remplaçant l'artillerie par des drones. La zone visée et ses alentours sont saturés de drone, paralysant totalement le secteur pour les russes et permettant à de petits groupes de combattants de nettoyer la zone et de s'en assurer le contrôle. Cette technique semble avoir été utilisée à plusieurs reprises et a permis des avancées concrète sans exposer trop de troupes et donc en limitant les pertes.

Globalement, on a donc quelques avancées russes sur des fronts dans le Dombass, et quelques avancées ukrainiennes sur d'autres fronts (reprise de terrain autour de Koupiansk où des dizaines de russes s'étaient infiltrés, reprise aussi sur le front de Dnipropetrovsk). On a une certaine stagnation du front.

Au passage, notons que les ukrainiens en ce début d'année on su profiter d'un évènement important l'interdiction de starlink pour les russes. Car les deux camps utilisaient des terminaux Starlink, pièce centrale pour la communication et la coordination des unités. Pour protéger les ukrainiens, tout terminal opérant en territoire ukrainien doit avoir été enregistré auprès de starlink via des canaux mis en place exprès. Du jour au lendemain les russes ont donc été coupés de leur moyen de communication le plus simple et puissant, ce qui a grandement impacté plusieurs points du front. D'autant plus qu'il n'existe pas d'alternative en Russie. Les canaux télégram de milblogger russes continuent de s'en plaindre et d'en parler comme d'un élèment important.

Autre élément important, très relié au premier : la fermeture de Télégram, là aussi un élément très important pour les unités russes qui s'en servent pour se coordonner, tant pour les attaques que pour le ravitaillement.
Ces deux briques technologiques largement en avance sur ce que propose l'armée russe à la place, ont créé des points de faiblesse technologique pour la russie, que les dirigeants ont coupés dans un soucis de contrôle plus total de l'information dans le pays. Un bol d'air pour l'Ukraine.

La situation de l'Ukraine

Il semble que cette première moitié de 2026 voit se dessiner un redressement de la situation. C'est encore fragile, mais la position ukrainienne semble bien meilleure qu'en début 2025.
Cela tient à plusieurs facteurs :
- L'intensification de la production de drones en Ukraine (je reviens là dessus ensuite)
- Une politique et une organisation plus orientées sur la sauvegarde des troupes plus que le contrôle du terrain
- Une dégradation des capacités russes et de l'économie russe (j'en parle après).
- Une production militaire ukrainienne en hausse, que ce soit pour les drones, les premiers missiles longue ou moyenne portée ou encore les intercepteurs.

Rien n'est fait mais depuis 2 ans, c'est le premier moment où je me dis : ah et si c'était encore possible ?
Notons tout de même que l'hiver a été très rude. La campagne de bombardement russe s'est focalisé sur la production d'électricité et de chaleur. L'hiver prochain sera sans doute encore plus dur. Espérons que l'Ukraine et l'UE travaillent à améliorer autant que possible la situation énergétique avant l'hiver.

La Russie à l'heure actuelle

C'est intéressant à suivre.
Déjà.. l'économie russe tire grave la gueule. 4 ans de guerre et de sanctions commencent à fortement impacter l'économie. Les régions ont vu leurs budgets exploser pour payer les primes de recrutement, et après une grosse montée de la valeur des primes en 2024 et 2025, elles stagnent désormais.
L'économie marque très largement le pas, cela se voit par plusieurs indicateurs :
- La consommation de ciment s'effondre, le marché immobilier aussi
- Des pénuries d'essences commencent à s'installer dans plusieurs régions.
- Les profits des géants pétroliers s'errodent (de 19 à 81% de réduction en 2025, donc AVANT la campagne en cours depuis 2 mois)
etc ..
Il y a plein de signes économiques qui font la gueule. Là où la Russie a de la chance, c'est que le cours du pétrole et remonté grâce à Trump et que pour réparer ses conneries, les USA ont levé "temporairement" les sanctions sur le pétrole russe (mais pas l'UE heureusement).
La réponse ukrainienne ne s'est pas fait attendre. Depuis 2 mois on assiste à une campagne régulière et bien coordonnée sur les capacités pétrolières et gazières de la Russie. Les ukrainiens tapent :
- les dépots
- les ports gaziers
- les raffineries
- les navires gaziers

Ce dernier point, on peut voir le résultat ici montre aussi que l'activité ukrainienne sur le sujet s'étend désormais aussi en Méditerranée et en Baltique. Il semble qu'il y ai en Libye une centaine de militaire ukrainiens, d'où plusieurs navires russes tapés en mer.
Les attaques sur les terminaux et raffineries se font souvent sur plusieurs jours. Une fois les premiers feux éteint (ce qui prend parfois une semaine), une nouvelle vague de drone va taper les réservoirs qui ont résisté. Cela s'est légèrement calmé ces dernières semaines, l'Ukraine tapant aussi en même temps les usines et entreprises technologiques produisant du matériel utilisés pour les missiles notamment. Exemple de dégât sur une des grosses raffinerie : click
Mais des chiffres sortis ce printemps, il semble que l'Ukraine, par sa campagne de frappe sur le gaz et le pétrole, ait réussi à limiter les rentrées d'argent pour le régime russe. Et contrairement à 2025 où l'Ukraine avait du stopper sa campagne sur demande des alliés, ils ont cette année refusé de s'arrêter. Il faut dire qu'il y a de moins en moins de moyen de pression sur l'Ukraine, notamment de la part des USA.

Au niveau pertes matérielles, elles sont énormes.
La liste à jour de février est disponible ici
Cela explique du coup que les assauts, à part quelques rares exceptions désormais devenues notables, ne sont plus conduits par des groupes blindés mais par d'autres moyens, en misant sur la mobilité. D'où les assauts à coup de motos et de buggies.

Pour les pertes humaines là aussi le rythme n'est plus soutenable. Selon les déclarations ukrainiennes (qui semblent recoupée par de l'OSINT), depuis 2 voir 3 mois, les russes ont plus de pertes que de recrutement, errodant donc le potentiel humain de l'armée russe. Les campagnes de recrutement de plus en plus agressives ne payent plus, les prisons ont déjà été vidées, et 1M de russes avaient quitté le pays (des jeunes surtout) en début de guerre. A part une mobilisation partielle, pour le moment on ne voit pas comment la Russie peut combler les trous humainement. Et une mobilisation, c'est aussi une mesure très impopulaire. Les pertes sont surtout issues des minorités ethniques, mais là aussi cela peut créer des troubles civils si cela s'accentue.

Au niveau politique, cela bouge aussi. Ces derniers mois, afin de s'assurer un semblant de confiance interne, le régime russe à tapé sur ce qui selon lui donnait trop de liberté aux russes : télégram en premier lieu. Et même si cela a un impacte fort sur le front, le but est avant tout d'éviter que les récits non officiels n'aient trop voix au chapitre. Entre ça et la coupure d'internet dans la capitale, le message envoyé est assez clair et montre que le contrat social à la russe à un peu de plomb dans l'aile. A défaut de victoire militaire et d'une économie en forme, le pouvoir ultra centralisé doit donc réduire les libertés pour éviter que des troubles apparaissent. Cela peut très bien durer longtemps comme cela, la population russe étant ce quelle est, mais malgré tout c'est un signe que la situation n'est pas si rose.

A l'international, même si Trump joue le jeu de la Russie depuis un an, la Chine elle ne veut pas porter l'économie russe à bout de bras, et au contraire en profite pour tenter de se faire du blé sur le dos de la Russie, en achetant seulement une partie de son pétrole (à tarif intéressant), et en vendant surtout du matériel électronique qui fait cruellement défaut en Russie. Les commentaires sur la récente visite de Poutine en Chine sont assez unanime pour dire que c'est globalement un échec.

Et la suite ?

On est donc dans une sorte pause. Les russes grignotent encore un peu de terrain, mais on est bien loin des rythmes de l'an dernier, on est plus sur une stabilisation du front, et une économie russe totalement à bout de souffle. L'Ukraine aura peut être une carte à jouer cette année, il faut l'espérer. En attendant, peu de monde s'attend à une grosse offensive russe et encore moins à une qui réussissent. Cela peut évidemment arriver, la guerre réserve sont lot de surprise. Mais clairement, la situation est bien différente de l'an dernier.


Bonus : les drones en Ukraine

L'année 2025 et surtout le début d'année 2026 ont vu un shift important concernant les drones en Ukraine.
En 2025, les russes avaient repris un certain ascendant avec l'utilisation de drone conduit par fibre, insensible au brouillage donc. Mais les Ukrainiens ont su réagir, développant aussi des drones à fibre optique, et surtout décuplant leur productions d'autres drones.
Pour faire face à l'augmentation du volume de drone Shahed utilisés par la Russie pour bombarder les villes ukrainiennes, et pour s'adapter aux nouvelles méthodes d'emploi de ces drones, les groupes antidrone à base de pickup et de mitrailleuses ne suffisaient plus. Les ukrainiens ont donc développer des drones intercepteurs. Il en existe désormais plusieurs modèles et ils sont produits à plusieurs centaines d'exemplaires par jour.
La production de drone d'attaque, destinés à viser l'arrière russe (raffineries, centrales, hub logistiques, usines d'armement etc ..) a elle aussi augmenté. Fire Point, l'entreprise la plus productive à ce niveau en Ukraine, a annoncé cette semaine être capable de produire 300 de ces drones par jour (ainsi que 3 missiles Flamingo, un nouveau gros joujou pour remplacer les missiles que les occidentaux ne veulent / peuvent pas livrer à l'Ukraine). On atteint donc des masses de drone d'attaque confortables, permettant de lancer des assauts capable de saturer les défenses anti aérienne.. Car c'est aussi un des buts. Même si un drone sur 100 arrive à destination, si ça touche une cible à haute valeur, c'est tout de même un gros bénef.. Et cela force les russes à dépenser des missiles anti aériens, et à conserver leurs systèmes anti aérien loin du front.
Niveau drone d'attaque, les drones FPV ont aussi gagné en porté. On l'a dit, la kill zone atteint désormais 20 voir 30 km, compliquant sincèrement les mouvements sur le front. Mais les ukrainiens arrivent désormais à taper avec du FPV jusqu'à 80km du front. Ainsi ils mettent en danger les axes de logistique de l'arrière du front. C'est notamment le cas de l'axe principal qui relis le Dombass et la Crimée par la route. Depuis 2 jours les russes s'alarment du niveau de destruction sur cet axe vital. A surveiller, car le volume semble aussi être suffisant pour influer fortement des zones de front.

Enfin, la grosse nouveauté ce sont les drones terrestres. Créés au début dans le but de combattre, les limites ont vite été atteinte, mais les unités sur le terrain se sont vite rendues compte que le drone terrestre avait un rôle très important à jouer sur l'aspect logistique. Fin 2025 on notait quelques dizaines de sorties par mois, on est désormais à quelques milliers par mois. Les rôles joués sont surtout pour la logistique, afin de livrer du ravitaillement aux petits groupes présents dans les fortifications du front, mais aussi de faire de l'évacuation sanitaire (plusieurs cas rapportés de blessés évacués ainsi), voir même d'évacuation de civils. L'idée étant de ne pas risquer une vie quand un drone suffit pour faire le boulot. Et là aussi les ukrainiens ont développés des drones de plusieurs taille, allant jusqu'à 500km de charge utile.
Les contraintes d'un drone terrestre sont bien plus nombreuses que ceux aériens ou maritime, qui évoluent dans des milieux fluides. Malgré tout, ils avancent aussi grandement là dessus.
Et ce n'est pas non plus en reste sur la partie combat, plusieurs attaques ont été rapportés en utilisant qu'un ensemble de drones aériens et terrestres. Et il existe aussi des drones terrestres kamikazes, chargés de déposer une très forte charge explosive, dans une fortification ou un bâtiment par exemple, et de la faire exploser. Là aussi des cas impressionnant ont été filmés.

L'expertise ukrainienne est la meilleure du monde actuellement sur les drones. Et cela sert désormais de monnaie d'échange et d'influence. Comme on a pu le voir avec les pays du Golfe par exemple.
Guybrush 10021 Bob
Merci Yaug pour ce compte-rendu intéressant ! C'est fou à quel point les média 'e couvrent pas grand chose sauf ce qui "choque" ("x victimes civiles suite au bombardement de x").

Je vais devoir le relire une ou deux fois avant de décider sur quels morceaux je vais réagir :-D
Marcant 1192 Flooder
Ouaip, un grand merci !
C'est vraiment cool de pouvoir suivre ça autrement que part les canaux habituels.
Fabe 632 Geek
Merci Yaug et bravo! ça se lit comme un bon livre 🙂
yaug 1972 Spammeur
Notez que j'ai oublié de parler des drones porteurs de drones. Ce qui donne encore de l'allonge aux drones ukrainiens.
Un drone longue porté, emporte 2 voir 4 drones FPV sous ses ailes, et du coup ça fait missile téléguidé à longue portée. Ce n'est pas généralisé mais la pratique se répand et permet des frappes ciblées intéressantes à moyenne portée (100km/200km). On a pas des charges explosives énormes, mais au moins elles sont précises.

Répondre

Vous devez être inscrit et identifié.