LibérationLe programme de Tisza prévoit de poursuivre la politique actuelle en matière d’immigration (c’est-à-dire de rejeter les programmes européens de répartition des demandeurs d’asile et de maintenir le mur construit à la frontière serbe), voire de la durcir, en interdisant le recrutement de travailleurs invités extra-européens, aujourd’hui courant dans l’industrie. Comme Orbán, Magyar refuse que la Hongrie envoie des armes à l’Ukraine. Il ne veut pas non plus d’une procédure d’adhésion européenne accélérée pour l’Ukraine, bloquée depuis plusieurs années par Budapest.
Mais «à l’inverse, il a aussi intégré à son programme des sujets portés de longue date par l’opposition, comme la santé, l’éducation ou la restauration des institutions démocratiques», rappelle Rudolf Metz. Le programme de Tisza est particulièrement clair sur l’Europe : le vainqueur des élections de dimanche entend refaire de la Hongrie un membre «crédible et actif» de l’Union européenne et de l’Otan après des années de sabotage orbanien. Pour cela, sa priorité est de débloquer les 21 milliards d’euros de fonds européens gelés par Bruxelles, en restaurant l’Etat de droit. Il veut aller plus loin en adoptant l’euro, toujours rejeté par Orbán, et en coupant la dépendance énergétique à la Russie d’ici 2035 quand les textes européens parlent, eux, de fin 2027. Un programme qui ne gommera peut être pas toutes les frictions entre Budapest et Bruxelles, mais qui refera enfin de la Hongrie un Etat «normal» de l’UE, en somme.
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