Quoi ? Tu connais pas Lexpage... Va te coucher mon enfant !    —  Tengo frio

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Musique

Tchou 4025 Bob
Je ne crois pas me souvenir que l'on ai jamais fait un topic dédié à la musique, alors qu'il y en a aux jeux vidéos par exemple.

Or donc, pourquoi ne pas mettre ici ce qui vous plaît, pour partager. Tous genres acceptés, toutes questions acceptées.

Je sais en particulier qu'en ce qui me concerne j'ai toujours été intimidé par la musique classique, en me disant que "c'est pas pour moi" ou que je manquais de clés pour la comprendre. Mais la même chose peut être dite dans tous les styles.

Partageons ce qui nous fait vibrer ! :)
Tchou 4025 Bob
Or donc, je commence vu que je viens de flooder le minichat sur le sujet :

J'ai vu au Hellfest le concert que selon moi je ne pouvais pas rater, la reformation de The Gathering avec Anneke van Griebergen qui fut leur chanteuse et qui est partie il y a bien longtemps, dans le cadre d'une tournée exceptionnelle pour fêter les 30 ans (j'ai initialement dit 20) de ce qui est probablement leur album le plus connu, Mandylion. [url=https://fr.wikipedia.org/wiki/Mandylion_(album_de_The_Gathering)]Lien wikipedia[/url] : https://fr.wikipedia.org/wiki/Mandylion_(album_de_The_Gathering) ... le lien ne passe pas probablement à cause du underscore et parenthèse.

J'ai trouvé que l'album complet est disponible sur bandcamp, donc écoutable sans besoin d'un compte sur une quelconque plateforme : centurymedia.bandcamp.co… . Si je devais conseiller un titre, le premier titre, "Strange Machines" est pour moi un parfait exemple de ce mélange de rock progressif, ou metal prog, ou prog, ou... (progressif : en gros résumé, cela s'affranchit de la structure classique refrain/couplet, c'est assez libre et les morceaux peuvent durer très longtemps) et de la voix claire d'Anneke.

J'ai pas honte à dire que j'avais les yeux un peu humides à la fin du concert tellement sa voix me transporte. Et en me retournant, y'avait un mec pas loin de moi qui lui chialait à chaudes larmes.

Alors oui, c'est classé dans le metal, mais c'est tellement atmosphérique et éthéré que je ferai sans craintes écouter cet album à n'importe qui. Oui, le metal, c'est aussi ça, et on est loin de l'image de mecs en cuir qui rotent dans un micro !


Ce message a été modifié 1 fois. Dernière modification : 24 juin 2026 à 12:42 par Tchou.

Guybrush 10253 Bob
J'ai écouté, j'aime bien. Et je me suis souvenu qu'en fait, je connaissais déjà le groupe, je me souviens d'avoir eu quelques mp3 il y 30 ans, que j'écoutais en boucle en codant les x versions du site à l'époque où on mettait à jour tous les 3 mois :-D
Sysson 1443 Spammeur
Wow je ne connaissais ni ce groupe ni cet album, mais le son est incroyable! Merci pour le partage.
trinity 279 Jedi
Merci du partage et du topic Tchou!
(Je suis moins fan des voix féminines de manière générale dans tous les styles de musique, donc ça résonne peut-être moins pour moi ceci dit)

Tu parlais de musique classique et de ne pas toujours avoir les clés pour l'écouter.
Je vais vous partager quelques morceaux qui me touchent énormément (connus ou moins connus) avec un petit commentaire qui permet de mieux les comprendre. A noter que le commentaire ne se veut pas purement objectif, il y a aussi une part d'interprétation.

Je commence avec un morceau très connu, mais qui prend une autre dimension quand on y met du contexte: le Liebestraum No.3 de Liszt par Khatia Buniatishvili.

https://www.youtube.com/watch?v=FZ651tNXp0Y

J'ai passé un peu de temps au piano dessus pour mieux le comprendre, sa structure et sa composition.
Ce que j'aime particulièrement musicalement parlant, c'est qu'on sent une composition assez "orchestrale" dès le début: comme si on avait un violoncelle qui joue le chant principal, une harpe ou un alto qui joue les arpèges d'accompagnement, et une contrebasse qui rajoute des basses pour soutenir. Tout ça avec uniquement les deux mains du/de la pianiste ;-)

Je me suis un peu documentée sur l'origine de sa composition, et à la base il était prévu qu'il soit accompagné au chant sur un poème allemand qui dit: O lieb, so lang du lieben kannst (qu'on pourrait traduire par « Aime aussi longtemps que tu le peux »).
Et là, tout prend un peu plus sens. Ce morceau, en réalité, ce n'est pas une déclaration d'amour comme on pourrait le croire au premier abord. C'est plutôt le souvenir d'un amour qui a cessé d'être.
Ca se voit très fort sur l'entrée, on est dans une nostalgie, avec quelque chose qui émerge, qui n'est pas encore totalement affirmé. Ensuite, dans le passage en octaves fortissimo du milieu, ce souvenir reprend vie dans une transition finalement très rapide, il redevient presque réalité, avec toute son intensité qui submerge son interprète. Enfin, sur la troisième partie, il y a une reprise de contrôle tout en douceur, mais extrêmement nette, comme pour dire stop à l'overflow d'émotions, mais d'une manière très douce, et où l'on retrouve une variation des thèmes initiaux. Et sur la conclusion, on peut ressentir une série d'accords qui sont parfois un peu inattendus: comme la difficulté douce de l'acceptation, le souvenir est là, mais il a cessé d'être envahissant, il trouvé sa place sur l'accord de la bémol majeur de fin, sans ambiguïté.

J'ai choisi l'interprétation de Khatia Buniatishvili, parce que c'est exactement comment moi je vois et je ressens l'oeuvre - ce n'est pas LA vérité, c'est une de toutes les vérités d'interprétation :-)
Tchou 4025 Bob
Y'a tellement de mots que je ne comprends pas parfaitement dans ton message ! :blush:

L'avantage, c'est que vu que je me suis acheté un instrument (une basse électrique) il y a un mois et que je compte prendre des cours à la rentrée, tout ce champ lexical là va devoir rentrer !

Alors, il y a une chose que je ne comprends pas : de ce que j'avais compris, le "classique" est une "musique savante", en ce sens qu'elle est écrite et que la partition doit être suivie impérativement. Par comparaison aux musiques populaires, où il y a certes une partition, mais celle-ci n'est pas forcément suivie à la lettre, et certains styles de musique se spécialisent même dans l'improvisation et à tourner autour du thème principal (ex le plus classique : le jazz).

Du coup, dans ce que j'ai compris (peut-être à tort), l'interprétation "originale" d'une musique ne semble pas faisable. En quoi cette interprétation par cette pianiste diffère d'une autre interprétation par un ou une autre musicien(ne) ? La partition est figée, le tempo également, et je serai étonné d'apprendre que l'accordage diffère d'un piano à l'autre (alors que quand on écoute certains de mes styles favoris, les instruments doivent être accordés spécifiquement).


Ce message a été modifié 2 fois. Dernière modification : 25 juin 2026 à 12:21 par Tchou.

yaug 2001 Bob
Pour prendre des cours de guitare depuis 2 ans, tu vas voir, c'est sympa (tout dépend du prof évidemment).
Le plus difficile étant de garder un rythme de révision régulièrement.
Perso j'essaye minimum 10/15 minutes par jour. Et c'est sympa les progrès que l'on fait au bout de quelques mois.

Mon prof à domicile m'ayant dit qu'il arretait, j'ai rejoins l'école de musique du village où Perrine apprend le piano pour rejoindre le cours de guitare. Ce qui du coup est sympa car ça me fait jouer avec d'autres gens, sortir de mes habitudes. Au point que ce soit c'est soirée du club de musique avec bouffe et tout le monde joue. Sympa.
J'ai récupéré mon prof de musique finalement, donc je vais cumuler les 2 l'an prochain.
Gerro 5423 Bob
TchouDu coup, dans ce que j'ai compris (peut-être à tort), l'interprétation "originale" d'une musique ne semble pas faisable. En quoi cette interprétation par cette pianiste diffère d'une autre interprétation par un ou une autre musicien(ne) ? La partition est figée, le tempo également, et je serai étonné d'apprendre que l'accordement diffère d'un piano à l'autre (alors que quand on écoute certains de mes styles favoris, les instruments doivent être accordés spécifiquement).
C'est parce que même s'il y a beaucoup de choses écrite dans une partition, tout n'est pas dedans. Et que même si une note est écrite deux sur la partition avec les mêmes indications, tu ne la joues pas forcément exactement de la même manière (pas exactement la même force, pas la même, surtout pour une interprétation d'une œuvre de la période romantique, qui laisse une grande part à l'expression des sentiments).
Si tu écoutes une fois La Tribune des critiques de disque sur France Musique, tu verras 5 experts chipoter sur des détails, et en général, les interprétations trop mécaniques sont mal vues. ^^
trinity 279 Jedi
TchouL'avantage, c'est que vu que je me suis acheté un instrument (une basse électrique) il y a un mois et que je compte prendre des cours à la rentrée, tout ce champ lexical là va devoir rentrer !
Oh la basse! C'est mon instrument autodidacte, tu vas voir, c'est super!
Je rejoins yaug aussi sur le bonheur de jouer avec d'autres gens, fais le, c'est encore une autre dimension et c'est une des choses que je préfère au monde.
TchouAlors, il y a une chose que je ne comprends pas : de ce que j'avais compris, le "classique" est une "musique savante", en ce sens qu'elle est écrite et que la partition doit être suivie impérativement. Par comparaison aux musiques populaires, où il y a certes une partition, mais celle-ci n'est pas forcément suivie à la lettre, et certains styles de musique se spécialisent même dans l'improvisation et à tourner autour du thème principal (ex le plus classique : le jazz).

Du coup, dans ce que j'ai compris (peut-être à tort), l'interprétation "originale" d'une musique ne semble pas faisable. En quoi cette interprétation par cette pianiste diffère d'une autre interprétation par un ou une autre musicien(ne) ? La partition est figée, le tempo également, et je serai étonné d'apprendre que l'accordement diffère d'un piano à l'autre (alors que quand on écoute certains de mes styles favoris, les instruments doivent être accordés spécifiquement).
Alors, sur le fond, oui, on ne sort que très peu de ce qui est écrit dans le sens où on n'improvise pas et on ne rajoute pas des choses. Mais il y a quand même beaucoup de latitude d'interprétation. Certes les notes et le rythme est écrit, le tempo parfois noté précisément mais pas tjs, des nuances indicatives y figurent aussi, mais la partition ne te dit pas exactement "comment" produire le son, là tu peux interpréter. Ca se joue sur des choses subtiles, comme un petit ralenti par ci, une montée plus forte par là, une respiration qui dure un petit peu plus longtemps (c'est très vrai dans la musique romantique par exemple comme Chopin et Liszt, moins dans du Bach par exemple). Mais ca se joue aussi surtout sur l'émotion et l'intention narrative que tu y mets. Pour reprendre l'exemple que j'ai envoyé, elle joue avec beaucoup de douceur et de retenue certains passages (je dirais tendre et nostalgiques) où d'autres pianistes pourraient rester dans l'intensité (passionné, douloureux). C'est comme si la partition donnait les mots, mais l'interprète choisit en partie la manière de raconter.

Je vous ferai un post demain sur un mouvement des Indes Galantes de Rameau que j'aime énormément, ça deviendra limpide, pcq c'est un opéra ballet, donc, au delà de l'interprétation musicale, il y a aussi la mise en scène qui participe à cette interprétation.
trinity 279 Jedi
Comme promis, je reviens avec "Forêts paisibles" qui fait partie des Indes Galantes de Jean-Philippe Rameau.

On va se concentrer sur deux interprétations très très différentes de la même partition - j'essaye de rester accessible le plus possible sans rentrer dans trop de détails techniques on purpose.

On peut commencer par une version assez "classique":
https://www.youtube.com/watch?v=2sPC8HsXxik
Il n'y a pas de partie ballet ici car c'est juste un extrait, mais l'essence de l'interprétation y est.
On est dans une version très "clean" et cohérente avec l'image du baroque que beaucoup de gens ont aujourd'hui. On voit quelque chose d'assez beau, propre, maitrisé, un peu comme un objet précieux. On voit la complicité de la soprano en particulier avec le baryton, et le reste de l'orchestre et le public, on voit l'orchestre heureux, on voit la percussionniste qui apporte la petite touche qui dénote un peu avec ce côté très beau et maîtrisé (même si ce qu'elle joue est extrêmement maîtrisé, sa posture invite à autre chose).

Et puis il y a cette version, de Cogitore & Dembélé à l'opéra Bastille:
https://www.youtube.com/watch?v=Q4jy2wrjESQ
Et là on change radicalement d'interprétation, on ne regarde pas un objet du XVIIIème siècle sous vitrine, on regarde une réappropriation moderne de cette oeuvre, avec peut-être une "désacralisation" du baroque, en y couplant le krump. Moi ce qui me touche ici, c'est qu'elle me donne l'impression de retrouver quelque chose de différent: à l'époque de Rameau, cette musique, c'était un spectacle vivant, du corps, du mouvement, de l'excès et des émotions fortes. Et cette mise en scène casse la vitrine qui entoure souvent les oeuvres baroques à notre époque, elle y remet une tension physique, quelque chose de brut et moins obsédé par une sorte de "pureté formelle".

Personnellement, la première me porte dans un moment heureux, la deuxième m'arrache des larmes à chaque fois que je la regarde, c'est viscéral.

Voilà donc deux interprétation radicalement différentes de la même partition :-)

Je suis curieuse d'avoir vos ressentis d'ailleurs !

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